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«Sketch Factor», l'application qui partage: sécurité ou racisme?

« Sketch Factor », cette application venant des Etats-Unis, fait polémique lorsque ses utilisateurs établissent une carte «sûre» du pays.

Capture d'écran de l'application "Scetch Factor"

"Sketch Factor" : l’opinion des internautes est partagée. 

L’application "Sketch Factor", créée par Allison McGuire et Daniel Herrington, tous deux américains, est disponible, depuis le 8 août, sur le site de téléchargement iTunes.

L’application est perçue de deux manières différentes par ses utilisateurs :

- Comme un moyen de prévention: "Sketch Factor" a été créé pour que les citoyens américains délimitent les zones dangereuses de celles qui ne le sont pas à travers des signalements, comme : "Un homme a arraché mon téléphone dans ce quartier de New York" ou "j’ai vu quelqu’un se faire arrêter par la police dans une rue de Washington". Ainsi, une cartographie des Etats-Unis est établie, par ses citoyens, pour se déplacer de la manière la plus sûre.

- Comme un moyen de faire de la discrimination raciale, pourquoi ? : les témoignages des internautes qui définissent les zones dangereuses des Etats-Unis ne s’appuient pas forcement sur une mauvaise expérience mais sur un mauvais sentiment. Ne pas se sentir en sécurité est une chose, ne pas l’être en est une autre. Ainsi, cette cartographie peut être basée sur des préjugés raciaux. Préjugés qui discriminent très souvent la population noire en l’associant aux quartiers dangereux. Cette application est alors accusée d’établir une cartographie de sûreté seulement pour la population blanche.

De plus, les témoignages fournis par les internautes ne sont pas vérifiables, ils sont ainsi à la merci de leurs opinions personnelles. L’application glisse à la dérive, le non-sérieux des internautes qui l’utilisent est mis en cause: "Sketch Factor" ne peut pas être digne de confiance. L’information constructive est rendue futile

Capture d'écran de l'application "Scetch Factor" / washingtonpost.com

Les créateurs du concept se justifient et proposent une solution

Tout d’abord, le couple déclare que l’application n’avait aucune intention raciste lors de sa création: "Et même si Dan et moi sommes certes deux jeunes gens blancs, l'application n'est pas faite pour nous en tant que jeunes, personnes de race blanche. En ce qui nous concerne, le profilage racial est "louche" et nous essayons de permettre aux utilisateurs de signaler les incidents de racisme à leur encontre et de partager leurs propres expériences de la rue".

Ils ont également ajouté, sur la page d’accueil de leur application, que les messages "discriminatoires" envers une certaine population seraient supprimés, et encouragent les utilisateurs à signaler les "incidents, et non pas des sentiments"

"Sketch Factor" associé à l'application "Ghetto Tracker", créée en 2013

En quoi consistait l’application "Ghetto Tracker" ?

Le but de ce programme était de démasquer les zones dangereuses des Etats-Unis, à l’identique de "Sketch Factor". Seulement, l’application n’utilisait pas des données sûres pour établir les secteurs à éviter, comme les statistiques de la criminalité de chaque quartier, mais s’appuyait sur les évaluations souvent stéréotypées d'autres utilisateurs.

Sur le site, qui présentait l’application, une photo d’une famille blanche BCBG (bon chic, bon genre) représentait la population qui téléchargeait "Ghetto Tracker" afin d’éviter les zones dangereuses. Le créateur, suite au déferlement de critiques, dont le programme a fait l’objet, le nom a été changé en "Bonne partie de la ville". Il a également inclus des familles latinos et noires à la famille blanche. Mais, ces changements n’ont pas suffi, l’application a été supprimée

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