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PARTENARIAT ORIENTAL

Sommet de Vilnius: l'Ukraine renâcle, la Moldavie s'engage

A Vilnius, la Moldavie devrait parapher les bases d’un accord de coopération avec l’Union européenne. Quand l’Ukraine flanche et hésite à rester dans le giron russe, les Moldaves, eux, ont la volonté ferme de se rapprocher de l'Europe.

La Moldavie se prépare à parapher les accords d'association et de régime sans visas avec l'UE au sommet du Partenariat oriental de Vilnius. Photo : Aurelian Săndulescu/Flickr / cc

La capitale lituanienne accueillera le sommet sur le partenariat oriental de l’Union européenne, jeudi 28 et vendredi 29 novembre. L’actualité de ces derniers jours et le recul de l’Ukraine alors qu’un partenariat économique avec l’Union européenne était en passe d’être signé devrait fortement marquer l’ambiance de ce sommet.

La Moldavie veut séduire les pro-Europe

Si l’Ukraine flanche, après avoir pesé le pour et le contre d’un rapprochement avec l’Europe contre un éloignement de la Russie, il y a d’autres pays qui semblent toujours prêts pour créer des alliances avec le vieux continent.

C’est le cas de la Moldavie qui se prépare, durant ces deux jours, à parapher des accords d’association dans le cadre du partenariat oriental avec l’Union européenne.

Dans la perspective d’élections prévues en 2014, les autorités moldaves s’engagent en faveur d’une ouverture vers l’Europe, un axe politique qui devrait peser lourd dans la balance électorale de cette échéance.

Moldavie et Géorgie prêtes à signer

Après plusieurs années de discussions, l’Union européenne, à Vilnius, compte ouvrir une nouvelle page de ses relations avec ses voisins. Six pays sont particulièrement concernés par ce rapprochement : l’Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie, la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

"Ces six pays ont déjà noué des accords à différents degrés", explique le journaliste Philippe Regnier, pour le quotidien belge Le Soir. "Le partenaire le plus ‘privilégié’ c’est la Turquie, qui, depuis 2005, a obtenu le statut de candidat officiel à l’adhésion à l’UE".

Pour établir ce partenariat oriental, plusieurs pays étaient, à l’origine, partants. L’Ukraine semble avoir reculé, mais la Moldavie et la Géorgie sont toujours sur les rangs.

"En ce qui concerne la Moldavie et la Géorgie, on est proche de la signature", affirme Philippe Regnier pour Le Soir.

L’illusion européenne

Pour les Moldaves, l’Union européenne annonce une forme de paradis. Un paradis qui pourrait sauver le pays de la pauvreté. Pourtant, ils sont déjà nombreux à mettre en garde contre les dangers d’un marché libre entre l’Union européenne et ces pays pauvres, peut-être pas encore prêts à être emporté dans le tourbillon européen.

"Aujourd’hui, les autorités donnent l’illusion qu’après le sommet de Vilnius la vie sera un paradis", estime ainsi Igor Volnitski, directeur de la société Politexpert, au site Ria Novosti.

Les observateurs craignent en effet que les marchés de ces pays émergents ne soient envahis de produits européens que les producteurs moldaves ne pourront pas concurrencer. D’autre part, ces mêmes produits, qui auront accès libre dans l’Union européenne, ne trouveront peut-être que peu de consommateurs, pour des questions de compétitivité, encore une fois.

Coûte que coûte, la Moldavie veut s’engager

Certains experts estiment que cette ouverture à l’ouest pourrait représenter une véritable opportunité pour de nombreux Moldaves.

"La libéralisation du régime de visas avec l’UE pourrait être un bonus pour les pro-européens moldaves", lit-on sur Ria Novosti. "Elle s’ajoutera à l’ouverture de l’espace aérien du pays, qui a fait significativement baisser les tarifs pour se déplacer en Europe – une avancée positive pour les centaines de milliers de Moldaves qui cherchent du travail en Occident".

Mais qu’en sera-t-il de la qualité de vie des Moldaves ? Ria Novosti termine par une touche négative. "Une chose est sûre : le sommet va s’achever, puis viendra le 30 novembre. Les Moldaves attendront toujours leur salaire misérable (un dixième de la moyenne européenne). Les retraités s’efforceront de survivre jusqu’à la prochaine retraite, qui ne suffira même pas pour payer la facture de chauffage", peut-on encore lire sur le site Ria Novosti.

 

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