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Ukraine : un cessez-le-feu prendra effet le 15 février

François Hollande a annoncé qu'un cessez-le-feu prendra effet "le 15 février à zéro heure" en Ukraine.

Les quatre dirigeants se sont réunis mercredi à Minsk, en Biélorussie (Crédit : Capture d'écran iTélé)

L'Ukraine, la Russie, la France et l'Allemagne sont parvenues jeudi à un accord global sur un règlement de paix dans l'est de l'Ukraine après 16 heures de négociations, a confirmé François Hollande lors d'une conférence de presse à Minsk.

Le cessez-le-feu effectif dimanche, dit Porochenko

Un cessez-le-feu entrera en vigueur dimanche à 0h00 dans l'est de l'Ukraine, a précisé jeudi le président ukrainien Petro Porochenko après la conclusion d'un accord de paix au sommet de Minsk.

"L'essentiel de ce qui a été obtenu, c'est qu'un cessez-le-feu général et inconditionnel sera proclamé dans la nuit de samedi à dimanche", a-t-il déclaré à la presse.

Le retrait des armes lourdes commencera deux jours plus tard et les deux camps auront 19 jours pour libérer leurs otages, a-t-il ajouté.

Conférence de presse

"Nous sommes arrivés à un accord sur un cessez-le-feu et sur un règlement politique global de ce conflit ukrainien", a-t-il dit aux côtés de la chancelière Angela Merkel.

Pour le président français, il reste des choses à accomplir.

"Il y a encore beaucoup de travail mais ce que nous avons est une véritable chance d'améliorer la situation", a-t-il dit en précisant que "toutes les questions" avait été traitées, y compris les relations économiques.

François Hollande a ajouté que le texte avait été signé par les séparatistes pro-russes et qu'il demanderait aux dirigeants européens réunis jeudi à Bruxelles, avec Angela Merkel et le président ukrainien Petro Porochencko, de l'approuver.

"C'est un espoir pour l'Ukraine, un soulagement pour l'Europe et un bel exemple de ce que l'Allemagne et la France sont capables de faire au service de la paix", a-t-il dit.

Espoir d'accord sur l'Ukraine, dit une source diplomatique à Minsk

Il y a un "espoir d'accord" sur l'Ukraine, a-t-on déclaré jeudi de source diplomatique à Minsk, où les dirigeants français, allemand, ukrainien et russe sont réunis depuis plus de 13 heures pour tenter de ramener la paix dans l'est de l'Ukraine.

François Hollande, Angela Merkel, Petro Porochenko et Vladimir Poutine se sont retrouvés dans la capitale biélorusse pour tenter d'obtenir la mise en oeuvre des accords de Minsk signés en septembre, jamais appliqués sur le terrain où la violence a redoublé d'intensité ces derniers jours.

Treize heures plus tard...

Les dirigeants français, allemand, ukrainien et russe ont passé toute la nuit de mercredi à jeudi, dans un palais de Minsk, à tenter de mettre au point un plan de paix pour l'est de l'Ukraine, en proie à une violence continue.

Réunis depuis plus de treize heures, tantôt entre eux, tantôt avec leurs délégations, François Hollande, Angela Merkel, Petro Porochenko et Vladimir Poutine semblaient décidés à mener à bout leurs discussions visant à parvenir à une mise en oeuvre effective des accords de Minsk signés en septembre, jamais respectés sur le terrain.

Rien n'a filtré sur la teneur des discussions entre les dirigeants, que les journalistes n'ont fait qu'apercevoir par instants tout au long de cette nuit d'attente dans le richement décoré palais de l'Indépendance de la capitale biélorusse.

Hollande et Merkel, attendus à Bruxelles

Le sommet quadripartite ne doit pas s'achever "sans accord sur un cessez-le-feu inconditionnel" dans l'est de l'Ukraine, a déclaré un conseiller du président ukrainien en milieu de nuit, estimant que les pourparlers pouvaient se prolonger jusqu'au matin, soit quelques heures avant l'ouverture du conseil européen de Bruxelles où sont attendus Angela Merkel et François Hollande.

Signe de cette volonté de persévérer, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a repoussé son départ prévu pour le Brésil, première étape d'une tournée sud-américaine. "Les pourparlers de Minsk ne sont pas simples et se poursuivent", a dit un membre de son cabinet.

Le tandem franco-allemand espère faire taire les armes

En début de nuit, un membre de la délégation ukrainienne a évoqué la signature possible d'une déclaration commune soutenant l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine.

Un document séparé pourrait selon lui être également préparé par le "groupe de contact" constitué de la Russie, de l'Ukraine et de l'OSCE - Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe - pour confirmer la mise en oeuvre du protocole de Minsk, signé en septembre dernier, y compris par les séparatistes pro-russes, et prévoyant un cessez-le-feu.

Au terme d'une semaine de marathon diplomatique, François Hollande et Angela Merkel se sont concertés dans l'avion de la chancelière posé sur le tarmac de l'aéroport de Minsk avant de faire leur entrée dans le palais de l'Indépendance où ils ont été accueillis par le président biélorusse Alexandre Loukachenko.

Le tandem franco-allemand, qui espère faire taire les armes, a entamé la soirée par une rencontre à trois avec le président ukrainien Petro Porochenko.

"Soit la situation prend la voie de la désescalade, d'un cessez-le-feu [...], soit elle échappe à tout contrôle", a déclaré ce dernier à son arrivée au palais de Minsk.

Le président russe Vladimir Poutine a été le dernier à pénétrer dans le bâtiment de l'ancienne république soviétique indépendante depuis 1991, qui vit avec ce sommet le moment diplomatique le plus intense de sa courte histoire.

Vladimir Poutine et Petro Porochenko se sont serré la main devant les caméras.

Berlin et Paris prudents quant à une issue positive 

A l'approche du sommet, la Russie a fait assaut d'optimisme, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ayant estimé mercredi que des "progrès notables" avaient été réalisés lors de la préparation des discussions, qui ont occupé mardi à Minsk les conseillers diplomatiques des quatre dirigeants et, parallèlement, le groupe de contact rassemblant l'OSCE, la Russie, l'Ukraine et des représentants des séparatistes.

A Paris et à Berlin, on s'est en revanche montré prudent quant à une issue positive d'une semaine d'efforts diplomatiques engagés jeudi dernier par François Hollande et Angela Merkel.

Parmi les nombreuses questions en suspens figurent le statut des régions aux mains des séparatistes, dont le territoire s'est étendu de 500 km2 depuis les accords de Minsk, la garantie des frontières, le respect du cessez-le-feu et le retrait des armes lourdes des zones de combat.

Sur le terrain, les violences continuent. Kiev a annoncé que 19 de ses soldats avaient été tués et 78 blessés en une journée lors des assauts menés par les rebelles près de la ville stratégique de Debaltseve, entre Donetsk et Louhansk.

Renforcement des sanctions contre la Russie

L'Ukraine est prête à instaurer la loi martiale sur tout le territoire national en cas d'escalade du conflit, a averti Petro Porochenko, qui présentera les résultats des discussions jeudi à Bruxelles lors du Conseil de l'UE. En l'absence de progrès, un renforcement des sanctions contre la Russie est probable.

Le président Barack Obama s'interroge sur un possible armement des Ukrainiens et le commandant de l'US Army en Europe, le général Ben Hodges, a annoncé mercredi que l'armée américaine participerait à la formation des troupes ukrainiennes engagées dans les combats contre les rebelles pro-russes.

La guerre dans l'est de l'Ukraine a fait plus de 5 000 morts depuis avril dernier. Kiev accuse la Russie de fournir des armes, des troupes et de l'argent aux séparatistes, ce que dément le Kremlin.

Source Reuters

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