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Suprémacistes à Charlottesville : une voiture se lance dans la foule de contre-manifestants

Une voiture a foncé sur les opposants au rassemblement d'extrême-droite à Charlottesville, tuant une femme et blessant plusieurs dizaines de personnes. La Maison Blanche peine à éteindre la vive polémique née du refus de Donald Trump de condamner les groupes responsables de la marche.

Un rassemblement de mouvements d’extrême droite américaine a dégénéré en violences qui ont fait un mort et une vingtaine de blessés samedi à Charlottesville (Virginie). Une femme de 32 ans venue protester contre la marche identitaire a en effet perdu la vie quand une voiture a foncé volontairement sur des contre-manifestants. L’attaquant a également blessé 19 personnes, dont plusieurs sont dans un état critique.

La droite alternative, dite "Alt Right", était s’était initialement mobilisé contre le projet de retrait d'une statue du général confédéré Robert Lee, considéré comme un symbole des partisans de l'esclavage. Malgré son annulation par les autorités le matin même, des centaines de manifestants - certains en tenue paramilitaire et fusil semi-automatique - sont descendues dans la ville, où de violents affrontements ont éclaté avec les militants antiracistes.

Dimanche 13 août, depuis son golf de Bedminster, dans le New Jersey où il prend des vacances, le président a renvoyé les deux camps dos à dos et en dénonçant une "violence venant de diverses parties".  En réaction à ces propos, Le maire de Charlottesville, Michael Signer, a jugé Trump responsable du déchaînement de violence : "Une grande partie de ce qu'on voit en Amérique aujourd'hui trouve sa racine à la Maison-Blanche, et dans l'entourage du président".

Les critiques pleuvent sur le dirigeant américain depuis y compris depuis le Parti républicain. De très nombreux élus, à commencer par les sénateurs Cory Gardner (Colorado) et Marco Rubio (Floride) et le leader républicain Paul Ryan, qui ont invité le président à dénoncer plus nettement les groupes identitaires et néonazis, dont le Ku Klux Klan (KKK) à l’origine de la confrontation. Au contraire, un site néonazi, le Daily Stormer, et le suprémaciste Richard Spencer se sont félicités de sa réaction.

"Lorsqu'on lui a demandé de condamner, il est sorti de la pièce. Que Dieu le bénisse", a depuis écrit Andrew Anglin, le fondateur du site. Nous allons tenir les promesses de Donald Trump, a prévenu l'ex-leader du Ku Klux Klan, David Duke, depuis Charlottesville samedi, qui a tenu à rappeler au président qu'il devait sa victoire aux "Blancs". "C'est pour cela que nous avons voté pour lui, parce qu'il a dit qu'il allait reprendre le pays"

La fille et conseillère du président, Ivanka Trump, a quant à elle elle dénoncé sans ambages "le racisme, la suprématie blanche et les néo-nazis", estimant dans une série de tweets dimanche matin qu'il n'y avait "pas de place dans la société américaine" pour de telles idées.

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