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INTERVIEW POLÉMIQUE DE DMITRI MEDVEDEV

La Syrie lâchée par son dernier allié russe? Moscou nuance

Les mots de Dmitri Medvedev au Forum de Davos font des remous sur la scène internationale. Après avoir estimé que la Syrie avait fait une grande erreur en n’engageant pas le dialogue avec l’opposition, la communauté internationale a commencé à anticiper une désolidarisation de la Russie envers la Syrie. Il n’en n’est pourtant rien, les Russes se défendent et rétablissent leur version des faits.

Photo : maiak.info/Flickr / cc

Les déclarations du Premier ministre russe Dmitri Medvedev, en marge du Forum de Davos où il s’est rendu à partir du mercredi 23 janvier, sèment le trouble autour des positions diplomatiques de la Russie envers la Syrie.

"Ses chances de maintien au pouvoir s’amenuisent de jour en jour"

Interrogé par la chaîne CNN, le Premier ministre russe a estimé que le président syrien avait fait une "erreur" en n’engageant pas le dialogue avec l’opposition dite "pacifique".

"Il aurait dû agir beaucoup plus vite et inviter l'opposition pacifique qui était prête à s'asseoir à la table des négociations avec lui. C'est une grave erreur de sa part, peut-être fatale" a ainsi estimé Dmitri Medvedev ajoutant, "il me semble que ses chances de maintien (au pouvoir) s'amenuisent de jour en jour."

Si Dmitri Medvedev affirme que la Russie n’a pas changé de position vis-à-vis de son allié syrien, les paroles du chef du gouvernement ont été interprétées comme un signe de plus d’une désolidarisation de la Russie envers la Syrie.

La Russie n’a jamais changé de position

Alors que les États-Unis ont commenté les propos de Dmitri Medvedev en parlant d’une forme de "désenchantement" de la Russie à l’égard d’un régime allié à qui il continue de livrer des armes, le gouvernement russe a tenu, lundi 28 janvier, à rétablir sa version des faits et sa propre interprétation des propos de Dmitri Medvedev.

"J'espère que les commentaires de nos collègues à l'égard de l'approche adoptée par la Russie face à la crise syrienne seront plus argumentés et plus corrects," a déclaré le ministre de la Défense russe au cours d’une conférence de presse à Moscou.

"Nous n'avons jamais été enchantés par ce régime, et nous ne l'avons jamais soutenu. Toutes nos démarches […] confirment que nous voulons obtenir une stabilisation de la situation et la mise en place des conditions nécessaires pour que les Syriens soient en mesure de décider eux-mêmes du sort de son gouvernement, du peuple et du pays," a ajouté Sergueï Lavrov.

"C’est au peuple de décider"

Pas de désolidarisation en vue et il semblerait au contraire que la position de la Russie soit restée inchangée depuis le début du conflit syrien, il y a bientôt deux ans.

"Nous n’avons jamais dit que notre objectif était le maintien du régime politique actuel ou le maintien du président Assad. C’est au peuple de décider" a déclaré Dmitri Medvedev lors de son interview.

"Je le répète une nouvelle fois : c’est au peuple syrien de décider. Pas à la Russie, pas aux États-Unis ou à n’importe quel autre pays," a ajouté le Premier ministre.

Le dernier allié syrien sur la scène internationale

La Russie, dernier allié du régime syrien sur la scène internationale, prône la non-ingérence dans ce conflit qui a déjà fait 60 000 morts, selon les derniers chiffres de l’ONU.

Opposée à toute intervention, qu’elle soit militaire ou économique, la Russie et son allié chinois ont sans cesse opposé leur veto à tout projet de résolution contre la Syrie, au Conseil de sécurité de l’ONU.

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