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Vers une ouverture du réseau ferroviaire français à la concurrence

Après quatre-vingts ans de monopole, le gouvernement envisage d’ouvrir le réseau ferroviaire à la concurrence dans les prochaines années.

Après un rapport explosif par de l'ex-PDG d'Air France-KLM Jean-Cyril Spinetta – préconisant la fin progressive du statut de cheminot, refonte du modèle économique de la SNCF, amélioration des services… - le gouvernement a dévoilé lundi les grandes lignes de son projet de réforme pour les chemins de fer français.Ces dernières n’étaient toutefois pas inconnues de ceux qui avaient suivi le dossier : une directive de Bruxelles demandait à la France à ouvrir son réseau à la concurrence au plus tard en décembre 2019 pour le TER et décembre 2020 pour le TGV (avec application en 2021).

Une partie des pistes envisagées par l'ex-patron d'Air France réplique ce qui a déjà été fait pour La Poste et Orange. Le Premier ministre, qui a prévu de s'adresser à la presse à 10 heures et sera invité du journal de 20 heures sur France 2, n’a toutefois pas caché son enthousiasme : "Partout où elle a eu lieu, elle a permis une hausse de la fréquentation et de la qualité des services. Il va falloir l’organiser, notamment pour définir les conditions de transfert des salariés. Il s'agit de donner de la visibilité à tous sur les nouvelles règles du jeu", a précisé lundi Édouard Philippe.

Le président Emmanuel Macron a été interpellé par un salarié de la SNCF inquiet lors de l’inauguration du salon de l’Agriculture. Il a pu à cette occasion donner plus de précisions : "Je ne peux pas avoir d’un côté des agriculteurs qui n’ont pas de retraite et de l’autre avoir un statut cheminot et ne pas le changer", a-t-il souligné. "Vous n’avez pas le même rythme que mon grand-père qui était cheminot", a-t-il encore dit, tout en assurant ne pas vouloir "tout casser". L’État veut par exemple maintenir le statut d’entreprise publique de la SNCF.

Le gouvernement doit dévoiler lundi sa stratégie pour conduire la réforme d’ores et déjà controversée. Le leader de la CGT Philippe Martinez a donné le ton dès vendredi (sur France Inter) en dénonçant d'avance une "casse sociale". Il appelle à la grève pour le 22 mars. Les fédérations UNSA, SUD-Rail et CFDT ont déjà menacé le gouvernement d'un "conflit majeur", en particulier si celui-ci décide de légiférer par ordonnances.

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